Le début pour moi d’une nouvelle aventure !

par | 04/03/2015

J’avais vu souvent ce filet au bord de la route à Verthier, sans savoir à quoi il servait. Je me promenais depuis de nombreuses années dans la Réserve, sans savoir qu’elle avait des « Amis ». Et puis, les hasards de la vie m’ont fait rencontrer plusieurs de ces bénévoles passionnés qui participent à la fameuse opération de sauvetage des crapauds.

Après en avoir entendu parler plusieurs fois et découvert le nombre impressionnant de crapauds sauvés au fil des années, j’ai eu envie moi aussi de venir voir de plus près ce qui se passait sur ces 600 mètres de bord de départementale. À cet endroit, les crapauds qui ont passé l’hiver dans la forêt traversent la route au printemps pour aller se reproduire dans l’une des mares de la Réserve où ils sont nés. Ce passage s’effectue à la tombée du jour et en début de nuit, et les crapauds sont alors victimes du trafic routier, qui peut être très important.

En 2015, je décide donc de sauter le pas et d’accompagner Viviane et Martine, qui participent à l’opération depuis plusieurs années, pour voir comment elles s’y prennent. J’avoue que je n’en mène pas large ! Dans la nuit, je rêve même que des crapauds sont alignés le long des murs de notre chambre… Le matin du 4 mars, pas de crapauds dans la chambre. Je pars avec Antonello, pour qui c’est aussi une grande première… mais qui pour sa part n’appréhende pas du tout. Il est même très impatient et espère bien trouver de nombreux crapauds. Nous nous habillons chaudement, sans oublier écharpes et bonnets, et nous mettons nos indispensables gilets jaunes. Nous prenons aussi des gants, comme cela nous a été conseillé lors de la réunion d’information organisée par Asters, l’organisme gestionnaire de la Réserve, qui gère l’opération de sauvetage.

Nous retrouvons Viviane et Martine et nous les suivons le long du filet. Il fait froid. De nombreuses voitures passent à vive allure. Au bout d’un moment et d’une dizaine de seaux vides, nos premiers amphibiens sont là. Antonello n’hésite pas une seconde, il sort son premier crapaud sans hésitation, et s’extasie sur ses très beaux yeux avant de l’emmener de l’autre côté de la route. Je reste encore simple observatrice… Viviane et Martine s’occupent des crapauds suivants, et nous montrent comment remplir la fiche et reconnaître les mâles et les femelles. Facile quand ils sont en couple, le mâle sur le dos de la femelle, mais bien moins évident quand ils sont seuls, comme ce jour-là ! Une des caractéristiques des mâles, ce sont les « callosités nuptiales », ces espèces de velcro qu’ils ont au bout des pattes au moment de la migration, qui leur permettent de bien s’accrocher sur le dos de la femelle, et que l’on repère assez facilement grâce à leur couleur différente.

Si on trouve d’autres spécimens, c’est décidé, je passerai à l’action. J’avoue que je ne suis toujours pas très rassurée. Il me faudra un peu de temps pour réussir à surmonter mon appréhension, avec force encouragements des autres ramasseurs. Je finis par sortir mon premier crapaud d’un seau. J’ai vraiment pris sur moi ! Mais ce n’est que du bonheur. C’est vrai qu’il est très beau, ce crapaud que j’ai dans la main. Ses yeux sont effectivement magnifiques. Nous allons jusqu’au dernier seau, Antonello en ramasse encore quelques-uns avec Viviane et Martine pendant que je me remets de mes émotions.

Nous passons de l’autre côté de la route, munis de sacs poubelle, pour l’autre mission du jour : ramasser les détritus qui jonchent le bord de la route. Contrairement aux crapauds, qui ne sont pas toujours présents, il y a malheureusement des déchets tous les matins et la récolte est systématique. Chaque jour apporte ainsi son lot de bouteilles en verre et en plastique, de papiers divers et variés, de morceaux de plastique, de paquets de cigarettes vides et de mégots. Qui sont donc ces conducteurs qui jettent depuis leur voiture ? Une étude s’imposerait en parallèle de celle portant sur la migration des crapauds !

Merci Martine et Viviane pour cette première expérience riche en émotions que je ne suis pas prête d’oublier ! J’ai le sentiment d’avoir été très utile. Je décide dans la foulée de devenir membre actif de l’Association des Amis de la Réserve du Bout du lac.

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